vendredi 20 janvier 2012

Mon Grand Frère

par Anka Aumais

Jamais, jamais je ne t'oublierai
comme tu es dans nos pensées pour l'éternité.
Nous laisserons une petite lueur
sur le côté de notre coeur.

Comme nous avons été choyés
de t'avoir rencontré.
D'avoir eu peur
pendant une heure, deux heures, trois heures.

Après nous avoir montré
que tu nous avais quittés.
Dans nos pleurs,
Nous avons trouvés un peu de bonheur.

Nous avons exprimé
des moments passés
Que des moments heureux, joyeux et de bonheur
et non de malheur.

Cela fait déjà quelques années
que tu t'es éloigné.
Nous avons encore quelques pleurs
qui ressortent pendant un an, un mois, une heure.

Tu as suivi ta tranchée
qui t'était destinée
C'était la décision qui a donné des pleurs
et vraiment, vraiment beaucoup de douleur.

Dans nos pensées
ce choix nous ne l'avons pas aimé.
Nous avons encore une lueur
et plus de noirceur.

Douze ans, cet âge à laquelle tu nous as quittés.
Douze ans, ce n'est pas très âgé.
Douze heures p.m. l'heure que tu meures.
Douze Décembre 2007.






mercredi 14 décembre 2011

4 ans sans Vincent

Déjà 4 ans. Et pourtant...

J'ai voulu écrire à chaque 12 décembre qui est passé, sans savoir vraiment ce que je pourrais dire. Ce soir, je crois que Vincent a décidé de ce qui devait être dit.

Je suis retournée lire certains passages d'un journal que j'ai tenu pendant un certain temps. J'étalais mes états d'âmes et ça me fesait du bien. J'ai relu un passage ou je décris ce que c'est de passer une année sans Vincent, et j'ai été surprise de constater combien toutes mes pensées, mes réflexions et mes constats étaient tout aussi pertinent que lorsque je les ai écrits. Je ne sais pas si c'est rassurant ou décourageant, mais c'est certainement poignant...

"1ier octobre 2008

Je m'ennuie de ta vivacité et de ton énergie, mon Vincent d'amour. Je sens ta fête approcher. On devrait être en train de la planifier, et toi, de faire des listes de cadeaux... La douleur est causée par le fossé entre la réalité et ce qu'on croit qu'elle devrait être... Je t'aime.

Une année sans Vincent, c'est...

Écouter le silence de la maison, et pourtant entendre son rire raisonner dans chaque coin de son âme.
Regarder les photos de son sourire et avoir peur de perdre le lien avec lui.
C'est être pris dans le temps, une semaine après son départ. Comme si le temps n'avançait plus, comme s'il n'avait pas le droit d'avancer sans lui. C'est vouloir être figé à cet instant, ne jamais vouloir le laisser s'éloigner. C'est regarder derrière, impuissante, les souvenirs heureux et moins heureux, qui s'éloignent dans le paysage de la vie, pendant qu'on continue d'avancer... Et se retourner, regarder en avant en se disant qu'il est quelque part, loin devant, également. Que chaque seconde qui passe nous éloigne de lui, mais nous rapproche également. C'est ressentir l'urgent désire et la hâte d'aller le rejoindre et pourtant vouloir à tout prix rester ici pour poursuivre ce qu'on a commencé.

Une année sans Vincent, c'est une introspection... C'est la recherche d'un sens, du pourquoi. C'est une quête spirituelle pour comprendre. C'est la réalisation que prendre la chance de donner la vie, d'aimer inconditionnellement, de se donner sans compter nous met à nu, nous rend vulnérable. Mais c'est pourtant la seule façon de vivre qui nous rempli... En prenant le risque de donner la vie, on prend le risque de la perdre. Mais on n'échangerait pas une seconde de cet amour contre rien au monde. On recommencerait la douleur de la perte pour le bonheur de la vie, aussi courte soit-elle.

Une année sans Vincent, c'est écouter sa musique en pleurant, c'est sentir ses vêtements, c'est fixer le vide en se rappelant qu'il a déjà rempli cet espace de sa présence, son énergie, sa joie, sa vie...
C'est continuer de vivre, une vie remplie d'automatismes, et se sentir coupable du moindre sourire.
C'est les images d'horreurs des derniers souffles qui défilent dans son âme, imprègnées, indélébiles, qui transpercent la poitrine.
C'est vivre les extrêmes, de la panique hystérique à penser qu'on frôle la folie et que jamais on ne pourra continuer, pour ensuite être rassurée que tout a un sens qu'on comprendra bien un jour.
C'est les rêves de lui où il vient nous rassurer, nous sourire, plein d'amour dans les yeux et envoyer la main de façon non-chalante...
C'est une fête sans fêté... un gâteau auquel on ne peut ajouter de bougie, une chanson familière pleine de sanglots...
C'est des souvenirs, des instants de joie éphèmeres, empruntés au passé, le temps de se rappeler le goût du bonheur...
C'est le malaise de ceux qui t'entoure, l'intolérence aux futilités, le ménage dans les priorités, les valeurs, les relations décevantes.
C'est le retour au coeur de la vie, le besoin d'amour inconditionnel, le moment où l'on demande, où l'on prend sans se sentir endetté, où l'on se concentre sur nous, où l'on se donne le droit d'être égoïste. Le temps du bilan, le temps de souffir.
C'est de vouloir éviter à ceux qu'on aime, à ceux qui souffrent, toute autre souffrance. Être le paravent contre les déceptions, les contrariétés.
C'est être témoin de petits miracles, de savoir qu'il est là, de se le faire rappeler par ses clins d'oeil qu'il veille toujours, qu'il restera notre fils à jamais, qu'il partage nos hauts et nos bas, qu'il sera là, les bras ouverts lorsque nous seront enfin prêt à le rejoindre.
C'est d'avoir hâte de le retrouver, le temps d'un souffle, pour enfin se ressaisir et se rappeler que ce n'est pas fini.

Quelqu'un m'a expliqué que la vie est une pièce de théâtre. Chacun y a un rôle, on entre sur scène, on joue notre rôle pour ensuite sortir de scène. On reste tous plus ou moins longtemps. Pour Vincent, son rôle était court. Maintenant il est là, derrière le rideau. Il nous regarde, nous souffle des indications à l'occasion, nous fait des clins d'oeil, des coucous... Nous ne voyons certainement pas tout ce qu'il fait en arrière scène, mais nous savons qu'il est là, et c'est rassurant."

Mon Vincent, tu es toujours aussi présent, chaque minute, chaque seconde que je respire. Tu continues de faire partie de ma vie, de mon quotidien, de moi, tout autant que Thierry et Anka.

Je t'aime.

vendredi 21 août 2009

Des nouvelles de Vincent...

Pour ceux intéressés:

Ne manquez pas l'émission Si c'était vrai... au Canal Vie, jeudi le 27 Août 2009 à 20:00hre. Vous pourrez partager la joie de Louise qui reçoit des nouvelles de Vincent!

L'émission est également disponible sur le site de Canal Vie (www.canalvie.com), section: Webtélé, émission: Si c'était vrai... épisode: Louise Goyette.

lundi 8 décembre 2008

Au fil des jours, alors qu'on a choisi la vie

Un an sans Vincent, c’est quoi?
C’est vivre sans peau.

Vivre avec toutes les images qui me hantent…

Ses yeux qui se ferment pour la dernière fois.
Le dernier souffle expiré.
Le son de son cœur qui s’arrête.
Les sanglots et la panique d’Alain.
L’annonce à Thierry & Anka.

Le long cri au fond de mon être qui reste pris, qui n’arrive pas à sortir. Je sais qu’il est là, je sais qu’il doit sortir, mais il ne se passe rien. Je suis complètement engourdie. Je n’arrive pas à ressentir toute l’horreur de ce qui se passe. Je n’arrive pas à capter toute l’étendue de la douleur qui s’implante inopinément en moi et qui n’en ressortira plus jamais. Je vois, je constate, je sais, mais je n’arrive pas à ressentir. Comme si on m’avait plongée dans l’eau glacée. Comme une coupure profonde dont on n’éprouve pas encore la douleur, mais dont on ne peut que craindre la souffrance qui s’éveillera inévitablement.


Puis la danse des premières semaines commence. Machinalement, un robot qui connaît les mouvements, un brouillard à la place du cerveau. Je constate aujourd’hui que j’ai oublié de grandes sections de cette période qui suit le départ de Vincent. Les funérailles, le dernier au revoir, la tempête, la famille, les amis, le cimetière, la mise en terre. Suivent les fêtes. Comme une machine, je ne sens rien. Il pourrait encore être en visite, quelque part. C’est irréel. Je suis prise dans le temps, quelques jours après son départ. Il est là, tout près, au bout des doigts, non? Encore la semaine dernière, il faisait des blagues, on riait ensemble en discutant des cadeaux de Noël qu’il donnerait à chacun…


Et la vie reprend son cours, même si elle n’a pas le droit, et bien malgré le temps qui, lui, est complètement suspendu. La routine. Je retombe dans les ornières si profondes de ma vie, après avoir passé une année complète à improviser mon chemin sur un terrain miné. Le choc de la chute commence à faire lever le brouillard, et je n’aime pas ce que je vois, ni devant, ni derrière. La douleur commence tranquillement à sortir de son antre où elle s’était dissimulée. Je ne veux pas avoir à la ressentir, je suis exténuée et j’ai l’impression de déambuler aux frontières de la folie. Et pourtant, je tiens absolument à ce qu’elle m’arrache les tripes, je veux en éprouver chaque goutte, puisqu’elle me vient de Vincent. C’est, il me semble, tout ce qui me reste de lui.


Et la vie devient un long fleuve d’épreuves. Toutes les premières fois sans lui sont pénibles. Les premiers anniversaires, les premières rencontres avec les gens, premières sorties, premières vacances, première fête de mères, fête des pères, fête de Vincent, Halloween… La douleur est tellement vive à chaque fois, le souffle coupé, comme si quelqu’un m’avait asséné un énorme coup de poing au ventre et m’agrippait le cœur pour l’arracher. Pour apaiser mon supplice, je me fais parfois le cadeau de m’imaginer la vie avec lui, à ce moment. Je m’imagine une vie normale, encore pleine de l’illusion de contrôle et de sécurité que nous cultivons tous. Mon grand Vincent, en secondaire 1, sur le tracteur à la ferme, qui me rend folle à achaler sa sœur, sa chambre sans dessus dessous, sur son vélo dans la rue, aidant son père aux travaux du terrain, faisant des projets d’avenir, de l’équitation, du ski, cuisinant avec moi. Vincent guéri, continuant sa route avec nous, devenant tranquillement un adulte. Parfois, ce sont les pas des visiteurs dans sa chambre qui deviennent les siens. N’importe quoi pour un instant de faux bonheur, tout plutôt que cette brûlure vive au fond de mon âme, de ma poitrine. Et toujours, le rêve fait place à la brutale réalité. Il n’y a aucune option, aucune solution autre que d’avancer. Une seconde à la fois, s’il le faut. Il ne reviendra pas, cette agonie ne me le ramènera pas.


Ce tableau est, pour moi, un tel gâchis. J’ai passé par tout un arc-en-ciel d’émotions. J’ai été en colère, contre la société, la maladie, la souffrance, contre moi-même et contre les gens qui se plaignent des contrariétés de leur vie que je leur enviais. Je me suis écorchée le cœur à me récapituler tous ces petits bonheurs de la vie qui passaient pour la dernière fois sans qu’on s’en doute, la dernière glissade, dernière descente de ski, dernier Noël, dernière fête, dernière visite à la ferme, dernières vacances, dernier tour de vélo, dernier repas en famille, dernière caresse, dernier baiser. J’ai voulu me coucher pour ne jamais me relever, vivre en ermite et éviter d’exposer mes plaies au bonheur accablant des autres. J’ai ressenti le découragement de n’apporter aux autres que les nuages de mon univers sombre, de les éclabousser de mon tourment orageux. J’ai pleuré, pleuré, pleuré, des nuits, des jours, le chagrin, comme un abîme. J’ai traversé d’interminables nuits de veille, une enclume sur la poitrine, les images insupportables de son départ défilant en boucles sans fin. J’ai vécu le doute des décisions prises, des actions passées, de tous les « si » qui changeraient le dénouement du scénario intolérable. Je me suis inquiétée, du bien-être de ma nichée, des contrecoups de cette épreuve et de leur droit au bonheur. Puis sûrement, une des choses les plus difficiles à supporter, j’ai vu dans le regard de ceux que j’aime leur propre détresse, leur désire de m’aider, leur impuissance face à la souffrance, et leur douleur de ne pas pouvoir alléger le fardeau.


Pourtant, certain jours, je réussis à avoir l’assurance que les choses se sont passées comme elles le devaient et que Vincent a mené à bien ce qu’il est venu accomplir ici, auprès de nous. Je sais qu’il est là. Il est tellement présent, je le sens régulièrement juste ici, près de moi. Parfois si tangible, il me semble qu’il me suffirait de me retourner pour le trouver là qui me sourit. Je ne serais même pas surprise. Toutes les coïncidences trop peu subtiles, les bouffées d’énergie qui sentent lui, les rêves si vivides où il me visite, les frissons qui m’entourent les épaules quand je pense à lui, ses chansons qui me surprennent à tous moments, des cadeaux venus du ciel. Maintes fois, il nous a prouvé qu’il est là, qu’il ne nous a pas négligés une seconde et veille sur nous. Ce n’est que le temps qui nous sépare. Ce temps qui est notre ennemi tout en étant notre ami.


La vie n’est, finalement, qu’un long défilé de souvenirs. Tout est si éphémère, il n’y a que le moment présent de réel. Celui-ci n’a que la saveur que nous lui donnons. Vincent n’est pas plus ou moins présent que Thierry à 5 ans ou Anka à 2 ans. Un jour, les enfants auront tous quitté le nid, Vincent sera parti le premier. Je n’ai absolument aucun doute qu’il soit parfaitement heureux là où il se trouve. Je serai extrêmement contente de le retrouver quand le temps sera venu. En attendant, mon moment présent est ici, avec Thierry, Anka et Alain. Et je constate que tous ces deuils font partis intégrante de la vie. Il y en a que nous acceptons d’emblée lorsque nous décidons de donner la vie, comme la première journée d’école de Thierry. D’autres sont moins facile à intégrer, comme le départ de Vincent. Cependant, la vie avance, et le retour en arrière est tout aussi impossible, que ce soit pour le départ de Vincent ou pour le dernier allaitement d’Anka.


Je continue donc d’avancer. J’aurais l’impression de trahir Vincent si je choisissais d’arrêter. Il est venu ici, il nous a aimé, il a vécu sa vie avec une passion peu commune, il a passé au travers de son épreuve avec un courage indescriptible. Je lui dois d’apprendre et de grandir au maximum afin que son passage n’aie pas été vain. Je souhaiterais que tous ceux qui nous ont connus, de près ou de loin, puissent apprendre de notre expérience. Je le vois comme un cadeau qu’il nous fait. C’est la raison principale qui me pousse à m’ouvrir le cœur ainsi. J’aurais bien sûre choisi un autre parcours que celui où je suis engagée, mais je dois tout de même m’avouer que je préfère la personne que je deviens à celle que j’étais. Et quand j’y réfléchis, je me dis qu’il y a très certainement une multitude d’éléments qui m’échappent dans notre histoire, je dois donc faire confiance en la Vie, qu’elle saura me mener là où je dois aller.


Nous traversons certainement une des expériences les plus souffrantes qu’une famille puisse vivre. Cependant, nous ne sommes pas les seuls à souffrir. Chaque personne que je rencontre dans mon bureau me raconte une bribe de sa vie, de ses chagrins, de ses blessures. Il y a tant de douleur que chacun porte en soi. Nous devons tous passer au travers de nos épreuves, et choisir ce qu’on en retire, ce qu’on en apprend. Nous sommes peut-être tous différents à première vue, pourtant tellement semblables quand il s’agit du cœur. C’est ce qui nous unis tous dans cette aventure qu’est la vie humaine.

« Chaque jour ça ira mieux demain
Mais chaque jour jamais demain ne vient
Chaque jour ça ira mieux demain
Mais chaque jour tout remettre au lendemain
Chaque jour ça ira mieux demain
Mais chaque jour demain sera toujours demain
Puis un jour se redire qu’il faudra bien
Un de ces jours prendre son vide en main »

Extrait de « Chaque jour »
De l’album « La ligne orange » de Mes Aïeux

mercredi 26 novembre 2008

Presqu'un an...

Ce samedi 29 novembre 2008, Leucan organise une cérémonie commémorative pour les enfants partis. Voici un texte que Louise, la maman de Vincent, a préparé pour cette occasion.


Un an… hier

Un an, un jour, cent ans, mille ans
Si longtemps et pourtant
Hier encore, près de toi
La vie paisible et prévisible

Un an la mémoire affamée
D’un ange blond, d’un bouffon
Hurlant de vie, avide de bonheur
Au creux d’une éphémère douceur

Un an à vivre transpercée
Les entrailles écorchées, l’âme affligée
La douleur à dompter, le temps à apprivoiser
L’impermanence à intégrer, pour un jour, peut-être, l’accepter

Un an à grandir malgré moi
Garder le cap, suivre ma voie
Pour donner un sens aux adieux
Pour toi, pour moi, mais surtout, pour eux

Un an où chaque jour,
Chaque minute, chaque seconde nous éloignent
Et pourtant, et pourtant…
Nous rapprochent tout autant

Je t’aime mon Vincent
Tu es dans mon cœur, plus près que jamais.

dimanche 13 janvier 2008

Vincent est tout près de nous


Vous savez, quand on se retrouve face au silence, on pense devenir fou. On est assailli d'images insupportables, des souvenirs pénibles du dernier souffle, de l'horreur de toute la situation. On veut crier, se réveiller du cauchemar. On croit se noyer dans ses propres larmes.


Et puis tout à coup, une pensée, une émotion, un frisson nous rappelle qu'il est tout de même là, à nous aimer, à prendre soin de nous malgré les apparences et l'intangibilité. Une petite branche pour s'accrocher dans une mer de larmes. C'est à peine assez pour faire le plein d'air avant de retomber dans la tempête. Était-ce vraiment lui?


Puis un soir, sans qu'on s'en doute, il nous envoie une bouée. Une vraie. Plus de doute, Vincent est tout près de nous.


Merci mon Vincent d'amour.... je n'ai pas rêvé, c'était bien toi.



Cette photo a été prise de la fenêtre de la chambre de Vincent le 5 janvier 2008. Il y avait des glaçons partout autour de la maison cette journée là. Tous, sans exception, étaient parfaitement verticaux, sauf ces 2 glaçons. Nous avons lu "V"incent.

samedi 22 décembre 2007

Merci à tous


Nous tenons à remercier tous ceux qui ont su braver la tempête pour venir dire un dernier au revoir à notre Vincent. Il semble que celui-ci a voulu quitter en nous faisant un clin d'oeil, lui qui adore la neige. Tel que promis, nous publions le texte que Louise, la maman de Vincent, a lu lors des funérailles.


Merci encore à tous, du plus profond de notre coeur


Alain, Louise, Thierry, Vincent et Anka




Vincent



Vous savez, quand Vincent est arrivé parmi nous, il ne semblait pas être certain. Ça lui a pris quelques minutes pour se décider à respirer. Peut-être a-t-il pris un peu de temps pour réfléchir, si ce qu'il voyait lui plaisait assez pour le convaincre de rester. Mais une fois cette première bouffée d'aire entrée dans ses poumons, Vincent a sauté dans la vie à pieds joints.



Vincent adorait sa vie. Il mordait dedans avec enthousiasme et énergie. Il a toujours été un garçon heureux, actif, bourré d'idées. Il était notre petit dynamo. Il nous surprenait toujours par son énergie et sa créativité. Dans sa tête, il n'y avait aucune limite, aucune barrière. Tout faire, il voulait tout faire, et être le premier en plus.



La vie sur terre de Vincent a été courte. Il a cependant su la remplir à craquer. Sa petite enfance sur le bord du lac Waterloo, à ramasser des roches, glisser dans le parc l'hiver, faire du "bicycle à gaz" sur son tricycle. Son enfance à Plattsburgh, où il travaillait avec papa sur le terrain, faisait du vélo dans la rue, du ski à Beartown, se baignait dans le lac Champlain, du hicking dans les Adirondacks. Puis est venu l'Angleterre, où Vincent s'est complètement senti chez lui. La vie roulait à 200 mph là bas. Toutes les fins de semaines des châteaux à visiter, des activités à faire, des amis à aller voir. Une école où le sport et la musique étaient centrals. C'est là bas où il a été introduit à l'équitation, sa passion. Les voyages également, Paris, Londres, les Cornouailles, Les Alpes, la France, l'Écosse, L'Irlande, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie. Vincent a adoré son séjour en Angleterre, ça bougeait tout le temps, c'était comme lui.



Mais le paradis sur terre, pour lui, se trouvait au bout d'un rang près de Rimouski. Une petite ferme, où il se rendait en courant pour passer ses moments les plus heureux. Le 4 roues, le ski-doo, les tracteurs, les animaux qu'il adorait, les glissades l'hiver, Gaston la chèvre, Daisy le chien, son Pipo, mon oncle Jacques,… les grands bonheurs de la vie, quoi.



Vous savez, quand nous sommes parti d'Angleterre, j'aurais pensé qu'il aurait regretté notre retour au Québec. Mais il m'a assuré plusieurs fois qu'il préférait être ici, près de la famille, près des gens qu'il aimait. Et ça aussi, c'est Vincent. Il aime les siens. Beaucoup. Et nous le montrait. Il nous connaissait si bien, il pouvait nous faire passer par toutes les couleurs des émotions, simplement par les mots. C'était lui qui décidait l'humeur de la famille. Il était si sensible. Il ne pouvait tolérer aucune forme d'injustice, pour lui ou pour autrui. Il s'assurait constamment que nous étions tous heureux et en sécurité. Les antennes toujours levées, il savait tout. Tout ce qui se passait dans la maison, et comment chacun se sentait. Il prenait soin de nous, de ceux qu'il aimait.




Vincent d'amour. On va tellement s'ennuyer de toi. On va s'ennuyer de la vie que tu mettais dans les nôtres. Je vais pleurer pour tous tes projets qu'on ne te verras pas réaliser, devenir policier dans la GRC, finir ton cavalier 2, aller au camp Ulysse faire de la plongée, aller au camp de la Cabriole, faire du ski avec tes "twin tips", le chalet à bâtir avec papa, les voyages en Egypte, Disney, Cuba, Hawaii,… la liste est tellement longue. Heureusement, on sait que tu es là, avec nous. Profite de ta liberté, tu l'as attendu pendant ces longs mois. Tu as vraiment essayé, tu as tout donné, tu t'es battu de la même façon que tu as vécue, avec force, détermination et courage. On comprend que c'était rendu beaucoup trop. Maintenant, amuse-toi. Ris de nous, et ne te gêne pas de nous jouer des tours. On essaiera d'être aussi perceptif que tu l'as été, pour voir tous les clins d'oeils que tu nous enverras. Et le moment venu, tu pourras nous accueillir avec ton exubérance habituelle… En attendant, continue à prendre soins de nous d'où tu es, comme tu le faisais si bien d'ici.




Je t'aime mon Vincent. Je t'aime plus que tout au monde. Maintenant c'est toi qui décides quand on se fait une caresse… Est-ce que je peux en avoir une?