lundi 14 mai 2007

L'histoire de Vincent

Pendant la première semaine de Mars, Vincent a remarqué que son oeil gauche ne fermait pas normalement. Rien de bien inquiètant, il avait reçu une balle de tennis dans l'oeil quelques jours auparavent.

Le 4 mars, en fin de journée, Maman remarque que Vincent a la bouche croche... Bizarre.

Le 5 mars, départ pour la semaine de relâche: une semaine de ski au Valinouët près de Chicoutimi. En chemin, Vincent s'apercoit en écoutant le i-Pod, qu'il n'entend plus de l'oreille gauche. Bizarre.

À Chicoutimi, Vincent se démène sur sa planche à neige, s'épuise. Il passe l'après-midi à dormir. L'assymétrie de son visage s'accentue. Ça devient plus inquiètant. On décide de chercher une solution. On va passer la matinée à l'urgence de Chicoutimi. Diagnostic: Paralysie de Bell, un problème bénin qui devrait passer en dedans d'un mois. Ouf!... C'est pas si pire. Il faudra faire un suivi à Ste-Justine en revenant des vacances.

De retour, on passe une journée en ORL à Ste-Justine pour le suivi. L'ORL trouve que c'est louche. La paralysie de Bell ne devrait pas affecter l'oreille. On passe des tests auditifs, on passe un Scan de la tête. À la toute fin de la journée, un nouveau docteur apparaît dans notre salle d'examen: un oncologue.

Celui-ci parle de tumeur au tronc cérébral, de Résonnance magnétique, de médicaments... Les nerfs craniens V, VI, VII & VIII sont affectés.

Suite à la résonnance magnétique, nous rencontrons le neuro-chirurgien de Ste-Justine. Celui-ci explique que, contrairement à la vaste majorité des tumeurs cérébrales, celle de Vincent est opérable. (Bonne nouvelle?!?) Il est donc possible d'avoir un morceau de cette tumeur, afin de savoir de quel type il s'agit. Après réflexion, nous décidons de procédé.

Vincent commence immédiatement à prendre du Décadron, des stéroides qui provoquent des effets secondaires épouvantables: perte de sommeil, augmentation de l'appétit, brûlements d'estomac, enflement du visage, douleurs aux articulations, ralentissement de la cicatrisation... et la liste continue...

La chirurgie est planifiée pour le 5 avril 2007. Mais Ste-Justine est truffée de problèmes administratifs: pas d'infirmière aux soins intensifs pour s'occuper de Vincent après l'opération. Celle-ci est reporté d'une semaine.

Après une attente angoissante afin de savoir si Vincent aura sa place aux soins intensifs, le neuro-chirurgien apparaît avec 30 minutes de retard le matin de la chirurgie, et nous annonce qu'il n'y a qu'une place, et que c'est Vincent qui l'aura! Il ne reste qu'une résonnance magnétique à passer, et on pourra procéder.

Donc, le 12 avril 2007 à 10:00hre AM, après des au revoirs déchirants, Vincent part pour la salle d'opération. Immédiatement en arrivant dans la salle, l'anasthésiste l'endors avec un gas. Pendant 2 heures, les infirmières, techniciens et personnel du bloc opératoire travaillerons pour positionner Vincent. Celui-ci doit être couché sur le ventre, la tête penchée par en avant. Étant donnée la durée de l'opération, Vincent doit être positionné délicatement afin d'éviter de la blesser. Pour l'opération, il sera intubé, aura une sonde urinaire, des accès veineux, une canule artérielle, des électrodes pour monitorer son coeur et il sera rasé sur la nuque. Le docteur Mercier commencera à opérer vers 12:00hre.

Le jour le plus long... Judith, qui est venue en renfort, maman et papa, attendent. Vers 17:30hre, papa va aux nouvelles. Le docteur a commencé à fermer. Il reste donc environ 90 mins.

Effectivement. vers 19:00hre, le docteur vient nous chercher. Vincent va bien. Il est en salle de réveille, il est extubé. Il a ouvert les yeux. Tout s'est bien déroulé. Il a réussi à enlever près de 50% de la tumeur. Rapport préliminaire: Astrocytome pilomyxoid... à confirmer avec plus de tests par le pathologiste.

Nous sommes soulagés. Vincent est transféré aux soins intensifs. Seul papa et maman ont le droit de le voir. Il est réveillé! Il a de la difficulté à parler, la bouche pâteuse à cause de l'intubation. C'est un vrai soldat! Il ne se plaint pas... Maman s'installe, et on commence une longue nuit de récupération. Vincent se réveille à l'occasion, maman est tout près à regarder les moniteurs, à s'assurer que tout est normal... si ce n'est que pour cela que maman est devenue infirmière, ça valait largement les efforts...

Vincent impressionne tout le monde aux soins intensifs... Le lendemain matin, il commence à boire. Il refuse catégoriquement d'uriner dans l'urinoire. Qu'à cela ne tienne, je vais aux toilettes! Et voilà! c'est assez pour convaincre tout le monde, après un séjour de 12 heures aux soins intensifs (plutôt du 48hres prévus) Vincent est transféré à sa chambre au 5ième étage.

Encore une fois, Vincent épate toutes les infirmières. Qu'il est fort, qu'il se remet vite!... c'est notre meilleur. Vincent est SUPER fier. Après une semaine de convalescence, Vincent prends le chemain de la maison. YOUPPI! un souper en famille. Tout le monde est content d'être ensemble.

Suit la convalescence à la maison. Les symptoms neurologiques ne s'améliorent pas, même si Vincent va bien. Nous rencontrons le neuro-chirurgien 2 semaines après l'opération. Le diagnostic reste: Astrocytome pilomyxoid... Une tumeur bénigne atypique, c'est-à-dire, plutôt imprévisible dans son comportement. Étant donné son emplacement, elle reste un problème. On recommande la radiothérapie afin d'en diminuer la taille au maximum.

On s'informe pour la radiothérapie... les risques sont grands et épouvantables. Mais les risques de laisser la tumeur grossir sont pires. Un mois après l'opération, une nouvelle résonnance magnétique afin de voir ce qui se passe: la tumeur a grossi. Pas le choix: on doit procéder avec la radiothérapie.

Le mercredi 16 mai 2007, Vincent subit sa première de 30 sessions de radiothérapie...

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